Décalage entre mâchoire inférieure et supérieure : 2 cas traités différemment en orthodontie

Décalage entre mâchoire inférieure et supérieure : 2 cas traités différemment en orthodontie

Dans cet article, nous allons vous présenter 2 cas traités différemment pour le même problème. Etrange ? C’est qu’en orthodontie, nous avons plus d’un tour dans notre sac !

Le point commun entre les 2 patientes que nous allons vous présenter est la distance entre le haut et le bas, c’est-à-dire en termes plus techniques, la quantité importante de surplomb.

Dans les deux cas, elle est due à une mandibule – la mâchoire du bas – trop en retrait.

 

Nous vous avions déjà présenté un article traitant de la prognathie et de la rétrognathie ainsi que leur traitement avec l’orthodontie. Voici de nouveaux cas de traitements orthodontiques, sur des patients adultes cette fois.

 

2 patients avec une mandibule (mâchoire du bas) trop en retrait

Voici donc 2 patients qui ont une mâchoire du bas trop en retrait par rapport à la mâchoire supérieure.

Dans le cas n°1, le décalage est manifeste avec des dents du haut trop en avant :

 

dents du haut en avant

Dents du haut très en avant par rapport à la mâchoire inférieure

 

Dans le cas n°2, le décalage s’exprime par des incisives centrales trop tournées vers l’intérieur. Une fois ces dents alignées, le décalage entre les 2 mâchoires deviendra flagrant : on remarquera en effet beaucoup plus que la mâchoire du bas est très en retrait par rapport à la mâchoire du haut

 

décalage entre les mâchoires - avant orthodontie

Les incisives sont tournées vers l’intérieur et la mâchoire du bas est très en retrait par rapport à celle du haut

 

Cas 1 avec chirurgie : des dents trop en avant sur la mâchoire supérieure

Dans le cas n°1, nous avons choisi de traiter le problème « à sa source ». Nous avons donc décidé d’associer au traitement orthodontique une chirurgie d’avancement de la mâchoire du bas.

En 1er lieu, la patiente est traitée en appareillage lingual mixte :

  • un appareillage à l’intérieur sur la mâchoire du haut,
  • et des bagues à l’extérieur en céramiques en bas.

 

Le traitement inclut ensuite une phase d’orthodontie pré-chirurgicale où l’on va mettre les dents exactement dans la bonne position afin que le chirurgien ait juste à « faire glisser » la mâchoire du bas vers l’avant.

 

orthodontie avant chirurigie

Après alignement orthodontique et juste avant la chirurgie

 

Remarque : Nous voyons sur cette photo les boutons pré-chirurgicaux sur les dents du haut : ceux-ci sont placés uniquement la veille de la chirurgie (le chirurgien pose des élastiques qui seront gardés dans les jours qui suivent la chirurgie). Ces boutons ne se voient pas pendant le reste du traitement orthodontique.

Après l’intervention chirurgicale, le décalage entre le haut et le bas est complètement résolu. Aussi, le profil de la patiente, qui était initialement un peu en retrait, est re-dessiné et grandement amélioré !

 

 

Il ne reste alors que 3 à 4 mois de « finitions orthodontiques » où l’on va peaufiner l’alignement ainsi que le rapport entre le haut et bas pour obtenir un parfaitement engrènement – ou emboitement – du haut et du bas.

 

Plus d’information sur la phase de chirurgie

Parlons un peu de cette chirurgie qui effraie tant, que ce soit les patients adultes ou bien encore les parents pour leurs enfants !

Précisons que les technologies ont grandement évolué depuis les années 80 : il n’est désormais plus nécessaire de rester avec les mâchoires bloquées pendant 3 mois !

Grâce aux avancées technologiques, nous sommes désormais capables de mettre en place des plaques d’ostéosynthèse à l’issue de l’intervention chirurgicale. Celles-ci vont permettre à l’os de se reconstruire sans blocage des mâchoires.

Résultat, les suites post-opératoires consistent essentiellement en :

  • un oedème impressionnant – mais pas douloureux – qui dure 15 jours,
  • et un inconfort lié à ce même oedème.

Il n’y pas de douleurs comme après une extraction de dents de sagesse. Tout au plus des élancements dans les dents comme au début de l’appareillage orthodontique. Par ailleurs, ces élancements cèdent très bien aux antalgiques.

Enfin, certains patients peuvent éprouver une légère diminution de la sensibilité de la lèvre inférieure : celle-ci est transitoire et les patients retrouvent leur sensibilité au bout de 6 mois au maximum.

 

Voici enfin des photos de notre patiente après les quelques mois de finitions orthodontiques (après l’avancement de la mâchoire du bas) :

 

après chirurgie et orthodontie

Fin de traitement (après chirurgie et orthodontie)

 

 

Cas 2 sans chirurgie : des incisives trop tournées vers l’intérieur

Dans ce 2ème cas, nous aurions pu également avancer sa mâchoire du bas à l’issue de la phase de pré-alignement orthodontique pour résoudre le décalage. Mais cette patiente n’avait pas le temps de prendre 15 jours de vacances (période pendant laquelle la patiente aurait été très gonflée).

 

décalage des mâchoires - après orthodontie

Fin de préalignement orthodontique – cas de décalage des mâchoires

 

Nous avons donc décidé de faire un traitement dit « de compromis ».

On l’appelle de compromis non pas parce qu’il est de moins bonne qualité que le 1er traitement présenté, mais tout simplement parce qu’il ne résout pas l’origine du problème : la mâchoire du bas en retrait.

Nous avons donc décidé, à l’issue de quelques petites « retouches », de laisser le résultat tel quel, car cela répondait à la demande esthétique de notre patiente.

Se pose alors la question essentielle de la stabilité. En effet, avec un tel décalage laissé entre le haut et le bas, les dents vont naturellement aller chercher des contacts entre le haut et le bas (cas des dents trop tournées vers l’intérieur). Ou bien les dents vont tout simplement aller se chevaucher de façon un peu anarchique, en cherchant tant bien que mal à compenser le problème squelettique par le positionnement dentaire.

La solution du fil de contention vient alors à l’esprit. Celui-ci est collé sur la face interne des dents, de canine à canine en haut et en bas,  et il permet d’éviter l’apparition de chevauchements dans le temps (puisqu’avec l’âge, la distance de canine à canine diminue inéluctablement).

Manque de chance, le fil de contention ne tient pas les mouvements verticaux qui nous gênent tant ici.

Ainsi, pour éviter que les dents ne rebasculent vers l’intérieur (puisqu’on laisse un décalage entre le haut et le bas), nous sommes obligés d’associer aux fils de contention des gouttières en plastique.

Confortables et invisibles, elles sont portées seulement la nuit, 2 à 3 nuits par semaine, à vie.

 

Rétrognathes : quel traitement orthodontique vous convient ?

Alors, avis à nos lecteurs rétrognathes, c’est-à-dire avec la mâchoire en retrait : 15 jours d’oedème ou bien des gouttières 2 à 3 fois par semaine ?

Le choix du traitement orthodontique vous est laissé  🙂

Remarque : Cet article n’a pour but que de présenter et vulgariser le plan de traitement conçu pour ces deux cas. Chaque cas est unique et cet article, purement informatif, ne saurait en rien remplacer un diagnostic avec le praticien.

 

 

Toute l’équipe médicale du cabinet d’orthodontie vous souhaite un excellent été et vous prie de bien vouloir noter que le cabinet d’orthodontie sera fermé du 10 au 20 août inclus.

Très bel été à tous ! 🙂

 

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